Données

Les données ici explorées sont issues du China Labour Bulletin (http://www.clb.org.hk/). La période considérée va de début 2011 à fin 2016 (nous ne considérons pas l’année 2017 car la méthode de collecte des données a changé).

L’un des objectifs du China Labour Bulletin est de recenser les différents incidents impliquant des travailleurs dans l’ensemble de la Chine. Les revendications à l’origine de ces incidents sont multiples : obtenir une meilleure sécurité sociale, des conditions de travail décentes, une équalité dans les salaires, etc.

Chaque incident répertorié est décrit par une date, un titre, une description plus ou moins détaillée, la région administrative dans laquelle il a eu lieu, le secteur de l’entreprise impliquée (construction, transport, etc.), le nombre de personnes concernées, l’employeur et le type d’entreprise (privée, publique, etc.), la forme de l’incident (sit-in, manifestation, etc.), les demandes formulées par les travailleurs et enfin la réponse apportée.

Exploration univariée et évolution annuelle

Répartition des incidents au cours du temps

L’un des premièrs axes d’exploration possibles consiste à étudier la distribution des incidents répertoriés par le China Labour Bulletin au cours du temps.

Si le nombre d’incidents a régulièrement augmenté entre 2011 et 2015, il semble avoir stagné en 2016. Notons également la présence de pics importants lors des premiers jours de 2015 et de 2016.

Le graphique ci-après confirme cette stagnation observée en 2016.

Répartition des incidents au sein des régions administratives

Après le temps, un autre axe d’analyse envisageable est l’espace.

Le graphique ci-après représente le nombre d’incidents répertoriés au sein de chaque région administrative lors des six années étudiées.

La région de Guangdong - ou Canton - est la région qui concentre la plupart des incidents. Notons que cette région est aussi la plus peuplée de Chine. À l’opposé, seuls quatre incidents ont été repertoriés au Tibet sur l’ensemble de la période étudiée.

Notons qu’il pourrait être intéressant de considérer le nombre d’incidents par nombre de travailleurs plutôt que le nombre d’incidents directement. Ceci nécessite cependant d’avoir à disposition une source de données fiable approximant le nombre de travailleurs au sein de chaque région. Un proxy valable consisterait à considérer la population de chaque région.

Une vision prenant en compte l’évolution du nombre d’incidents au cours de la période est donnée ci-dessous.

Si le nombre d’incidents à significativement diminué dans la région de Guangdong sur l’année 2016, cette tendance ne se vérifie pas dans l’ensemble des autres provinces. La province de Jiangsu par exemple continue de voir le nombre d’incidents reportés augmenter.

Répartition des incidents par type d’industrie

Plusieurs types d’industrie sont répertoriés mais deux se détachent en termes de nombres d’incidents : les entreprises du secteur de la production industrielle et le secteur du bâtiment.
Viennent ensuite les transports et les services.

Si l’on se concentre sur l’évolution annuelle, l’on peut noter que le nombre d’incidents a baissé sur l’année 2016 dans le secteur de la production mais a continué à augmenter dans celui du bâtiment, des transports ou des services.

Répartition des incidents par nombre de participants

Autre axe d’analyse possible, le nombre de participants impliqués dans chacun des incidents. Le comptage est fait de façon qualitative plutôt que quantitative : entre 1 et 100 personnes impliquées, entre 100 et 1 000, entre 1 000 et 10 000 ou plus de 10 000 sont les différentes modalités possibles.

La très grande majorité des incidents ont impliqué des groupes de 100 personnes ou moins. Le nombre d’incidents réportoriés par le China Labour Bulletin où le nombre de travailleurs a dépassé 10 000 est inférieur à dix (huit exactement) entre 2011 et fin 2016.

L’évolution année par année est sans grande surprise.

Répartition des incidents par employeur

Ci-après sont représentés les douze employeurs les plus concernés en termes d’incidents. On y retrouve aussi bien des grands groupes nationaux (State Grid, China Mobile par exemple), que des start-up comme Didi Chuxing ou encore des groupes étrangers (Walmart).

Attention, les données n’étant pas parfaitement homogènes, il est possible et même probable que certains employeurs soient ortographiés différement au fil du temps, ce qui ajoute du bruit au résultat ici présenté.

Répartition des incidents par type d’entreprise

Cinq différents types d’entreprise sont répertoriés : privée, étatique, étrangère, détenue par des capitaux en provenance de Hong Kong, Macau ou Taiwan ou encore joint-venture.

Dans un cas sur deux, ce sont des entreprises privées qui sont concernées par les incidents. Notons également que le type d’entreprise est inconnu dans près d’un quart des cas.

La vue annuelle n’apporte que peu d’information complèmentaire, si ce n’est que le nombre d’incidents a continué à augmenter en 2016 dans les entreprises d’État.

Répartition des incidents par type d’action(s)

Chaque incident peut prendre une ou plusieurs des formes suivantes :

  • manifestation
  • sit-in
  • grève
  • barrage routier
  • menace de sauter d’un bâtiment
  • autre type d’action

En cumulé, manifestations, sit-in et grèves représentent près de 90% des incidents repértoriés (près d’un sur deux étant une manifestation).

Si l’on observe la distribution au fil des ans, on peut remarquer une forte baisse du nombre de sit-in sur l’année 2016.

Répartition des incidents par type de demande(s)

Les incidents répertoriés par le China Labour Bulletin ont des sources très diverses. D’arriérés de salaires à l’amélioration des conditions de travail en passant par de meilleures retraites ou licenciements, la liste est large.

Cependant, malgré cette importante diversité apparente, plus d’un incident sur deux trouve ses motivations dans des arriérés de salaires non réglées par l’employeur.

Bien que toujours très majoritaire, le nombre d’incidents ayant pour origine des arriérés de salaires a stagné en 2016 après une période de très forte croissance entre 2014 et 2015.

Répartition des incidents par type de réponse(s)

Dernière information disponible, la réponse apportée à chacun de ces incidents. Cette réponse peut prendre différentes formes : intervention policière, médiation gouvernementale, négociations…

Dans la très grande majorité des cas, la réponse est tout simplement inconnue. Lorsque celle-ci est connue, elle est généralement autoritaire et violente : interventions policière et arrestations étant majoritaires (75% des réponses connues).

L’évolution annuelle ne révèle que peu d’information supplémentaire.

Cartes

Données brutes

Il est également possible de représenter la dispersion géographique des incidents sous la forme de cartes.

Par exemple, pour l’année 2016 :

L’ensemble des années peuvent être représentées par l’intermédiaire de small multiples. Cette représentation permet une comparaison simple et rapide sur l’ensemble de la période considérée.

Une autre possibilité pour visualiser la même information est de construire une animation :

Par million d’habitants

Plutôt que de considérer directement le nombre d’incidents, il est possible de visualiser le nombre d’incidents par million d’habitants.

Pour l’année 2016 :

Et enfin, la vue sur l’ensemble des années :